Et si les bus étaient gratuits…

Tribune revue municipale 2019 (spéciale « Agen2030 »)

Et si les bus étaient gratuits ?
Par expérience lors du pseudo débat « Agen2030 » , je sais que cette proposition, simple comme le jour et discutée partout, énerve terriblement monsieur le maire/président d’agglomération/conseiller régional : « hors de prix, ruinant les finances publiques, irresponsable ».
Attitude baroque pour un élu qui fait dépenser aux collectivités publiques 3 millions d’euros de subvention chaque année pour 25 personnes transportées dans le petit avion entre Agen et Paris ; un million d’euros pour la Société Anonyme SUA ; quelques millions pour une Technopole certes fascinante à traverser en vélo mais franchement vide…
C’est pourtant une proposition intelligente, réfléchie, appliquée dans des dizaines de villes en France.
Oui elle coûte. Mais très raisonnablement. Et bien moins que d’autres dépenses…
Et le bilan est clair et bon.
Cela ne change pas le monde. Mais cela remplit les bus et assainit l’atmosphère.
Niort, Libourne, Dunkerque… Et Villeneuve-sur-Lot depuis juste un an. Les transports en bus gratuits, ça marche et ça ne ruine pas la ville.
Le bus gratuit c’est 25 % de fréquentation en plus dans l’agglomération de Villeneuve-sur-Lot en un an ; 20 % à Niort et sur certains secteurs jusqu’à 40% (cf Sud Ouest du 17/12/2018). C’est moins de bus qui circulent à vide. Et partout la fréquentation continue d’augmenter.
Le bus gratuit c’est la simplification de la vie, c’est la fin des billets et des cartes. C’est monter dans un bus comme on part à pied. C’est une vraie mesure sociale et de pouvoir d’achat. Et à Agen le pouvoir d’achat, c’est plus important qu’ailleurs, tant cette ville est pauvre.
Faut il rappeler que les tarifs sociaux qui peuvent être accordés ne le sont pratiquement pas – dans ce domaine comme ailleurs – tant le fastidieux dossier administratif à remplir avec les sempiternelles pièces justificatrices à joindre mais qui-ne-sont-jamais-les-bonnes fait reculer cette population qui y a droit ?
Bien sûr qu’il y a « quelqu’un qui paye » ! C’est la ville et l’agglomération qui dépenseraient ainsi un peu plus de ses recettes. Car un réseau de transport public est une composante des services publics. Comme l’école et le conservatoire de musique.
Et comme la billetterie ne représentait que 5% des recettes à Villeneuve sur Lot et 10 % à Niort, ce serait à peine plus à Agen. D’autant plus que la ville possède déjà, elle aussi, une navette gratuite en centre ville.
La dépense supplémentaire est donc bien faible comparé aux avantages : un droit à la mobilité affirmé, une démarche écologique simple, une recherche d’emploi, des loisirs et une vie simplifiée pour tous.
Allez, encore un petit effort et Agen rejoindra le réseau des villes qui prend, de temps en temps, une simple et bonne mesure.

Jean Philippe Maillos
Jeanphilippemaillos-elu.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *